© 2017 Marco Castilla.

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Troublelight, 2005, (film photographique animé).

        En 2005, je termine Troublelight qui retrace un voyage dans l’espace, - un très long voyage. Nous quittons la terre, planète minuscule, pour une immersion dans l’univers. Mais l’univers que je veux montrer est singulier, car il est la traduction du bouleversement qui me saisit quand j’y devine la part d’infini et d’incompréhensible qui le définit.

Ainsi, planètes, galaxies, trous noirs, étoiles vivantes ou mortes tournoient, se fondent, tremblent et filent pour nous imposer le spectacle d’un ballet étourdissant. Les notes de la mélodie qui en émane sont la musique sérielle de questions demeurées sans réponses : « Qu’est-ce ? » « Pourquoi ? » « Comment ? » « Jusqu’où ? »… Vanité des hommes, si petits. Poussières d’étoiles, fragments dérisoires, parcelles du tout. A moins que l’homme soit un reflet de cet ensemble et qu’à un moment, l’infiniment petit devienne l’étourdissant résumé d’un ensemble gigantesque que la raison ne pourrait cerner ? Aussi, pour un artiste, un plasticien, un musicien, cette dialectique entre le minuscule et le gigantesque, devient-elle un magnifique champ d’exploration artistique. Et c’est sur ce fil du rasoir, cette tension que je me situe.

Troublelight est né en 2007. Je suis parti d’une idée simple qui consistait à suivre un foyer lumineux, représentant l’énergie dont nous avons besoin pour vivre. Le soleil devint le candidat idéal dans ma quête. J’ai alors travaillé par tranches d’une semaine pour une minute de film, musique et images incluses. Aujourd’hui, le film fait 12 minutes et 46 secondes. Troublelight nous immerge dans un univers qui évolue sans cesse. La musique, la lumière, les images changent en fonction de mes désirs et ressentis. Cette mutation de l’humeur et des sensations est signifiée par une lumière mouvante. Une lumière omniprésente, répétitive, qui navigue, qui vole, et qui change de corps tout le temps. Le contrepoint de cette lumière est la musique, répétitive, elle aussi. Quant aux images, celles-ci défilent également de façon obsessionnelle, dans une apparente anarchie. Or la concaténation n’est rien d’autre que le calque des rythmes musicaux et des flashs lumineux. Au départ, les images proviennent des premières cartes satellites de la NASA que j’ai transformées, découpées et modifiées. Puis on aperçoit les Rocheuses de Californie. Ensuite, viennent  des fragments de  la ville de Falloujah, décimée pendant la période de la guerre en Irak. 

 Et enfin, c’est au tour d’insectes robots, d’animaux marins en mutation d’envahir la pellicule. La facture de l’image est très influencée par mon travail en architecture. Mon intérêt pour le constructivisme russe ou le courant du Bauhaus a imposé une tessiture radicale et graphique aux images du film. 

Troublelight n’a pas de fin. J’y retravaillerai sans doute un jour, demain ou dans quelques années... Ce qui compte à mes yeux, pour cette œuvre comme pour chaque médium artistique que j’utilise - photographie, sculpture -, demeure le désir de faire évoluer un travail d’un instant T. présent vers un futur trouble, indéfini, qui laisse toute la place à l’hypothèse, à la rêverie douce ou angoissée du spectateur. Je refuse le point final, car je pense qu’il est un non sens. L’univers n’a pas de point final et l’œuvre d’art non plus, puisque l’œuvre parfaite n’existe pas et qu’il s’agit d’une quête éternelle. Ainsi, le travail de l’homme, si modeste soit-il, est bel et bien un reflet de l’univers comme le pensaient déjà les Humanistes à la Renaissance, devinant dans le microcosme de la psyché humaine un miroir du macrocosme. 

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